2018 | Rites de passage à l’adolescence

Edito

Altérités, festival de cinéma ethnographique – 2e édition

Du 5 au 8 avril 2018 à Caen

Le Festival de cinéma ethnographique Altérités propose une sélection de films tournés à hauteur d’hommes et qui donnent à voir et à penser la diversité des sociétés humaines, des plus lointaines aux plus proches. Les projections sont accompagnées de temps de rencontres et d’échanges avec des réalisateurs, des auteurs, des cinéastes et des chercheurs en sciences sociales. Le festival Altérités est une manifestation de la Fabrique de patrimoines en Normandie en partenariat avec la Bibliothèque Alexis de Tocqueville et le Cinéma LUX. Il s’inscrit dans le sillage de La semaine du cinéma ethno organisée chaque année au cinéma Lux de 1995 à 2013.

Les rites de passage à l’âge adulte revêtent à la fois une dimension universelle et des formes très diverses selon les cultures. De nombreuses communautés à travers le monde permettent aux jeunes de quitter leur statut d’enfant pour accéder à celui d’adulte à travers un rite de passage. Ceux-ci, décrits depuis 1909 par Arnold Van Gennep, sont structurés en trois phases : séparation, marge puis agrégation.
L’épreuve que constitue le rite est une initiation semée d’une part de souffrances, parfois même d’humiliations. C’est à ce prix seulement que pourra être attribué publiquement aux jeunes leur tout nouveau statut, et qu’ils intégreront la communauté des adultes. Cet accès au statut d’adulte participe aussi à la construction de leur identité sexuelle. Pour sa deuxième édition, le Festival Altérités propose une immersion au cœur de rites de passages aussi divers que les journées d’intégration dans les universités portugaises ou à l’école d’ingénieurs des arts et métiers, la formation professionnelle, le voyage migratoire, l’intégration d’une communauté sportive ou militaire, la circoncision ou, plus complexe à appréhender, l’excision.

Télécharger le programme 2018

Les films projetés :

Praxis de Bruno Moraes Cabral
Jean Rouch, cinéaste aventurier de Laurent Védrine
Nos fiançailles de Chloé Mahieu et Lila Pinel
Garçon boucher de Florian Geyer
Tu seras sumo de Jill Coulon
Le sang des femmes de Christian Lajoumard
Un été avec Anton de Jasna Krajinovic
DMB91 de Alexei Khanutin
Les marines de François Reichenbach
Espoir voyage de Michel K. Zongo
Les initiés de John Trengove
Finding Phong de Swann Dubus Mallet et Thao Tran Phuong

Pièce de théâtre Lenga, la guerre des natures de la Compagnie du GrDA en partenariat avec le théâtre de la Renaissance

Concert de Oua-Anou Diarra

Master class sur les rites de passages à l’adolescence avec l’association Ethno Art

Atelier d’ethnologie avec Marion Lavabre

Exposition « A la rencontre des femmes Afars, voyage ethno-photographique en terre d’infibulation » de Marion Lavabre

Exposition des sérigraphies de Mamzelle Crevette sur le thème du passage.

Rhizomes live, performance de la Compagnie Noésis

Projection photo et conférence sur les rites d’intégration à l’ENSAM par Pierre Gautheron et Guillaume Cortade

Les intervenants :

Christophe Ruhles, anthropologue et metteur en scène
Laurent Védrine, cinéaste
Laurent Pellé, délégué général du festival jean Rouch
Chloé Godet, anthropologue
Florian Geyer, cinéaste
Jean-Michel Butel, anthropologue
Institut international des droits de l’Homme et de la paix
Marion lavabre, anthropologue
David Desramé, cinéaste
Muriel Champy, anthropologue
Pierre Gautheron et Guillaume Cortade, photographes
Rina Sherman, anthropologue
Youri Deschamps, critique de cinéma
Eliot Sevricourt, membre d’une association militante LGBTI+
Jean-Claude Lemenuel, ethnomusocologue
Camel Zekri, musicien ethnomusicologue

 

Captations :

Mobilités adolescentes du Burkina à la Côte d’Ivoire

Muriel Champy et Oua Anou Diarra nous proposent un autre regard sur les migrations.

Muriel Champy est maitre de conférence en anthropologie à Aix-Marseille Université. Ses recherches portent sur les bakoroman, ces enfants et jeunes adultes qui vivent et dorment dans les rues de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

En mettant en parallèle les mobilités historiques des jeunes Burkinabè vers les plantations de Côte d’Ivoire et les trajectoires des jeunes ayant rejoint la rue à Ouagadougou, Muriel Champy revient sur l’idée que le départ « en aventure » constituerait localement une forme d’épreuve initiatique, nécessaire pour devenir un homme accompli.

Oua Anou Diarra est un musicien originaire du Burkina Faso. Soucieux de transmettre sa musique, il s’affranchit des frontières et touche un public très large, tout en communiquant avec passion son bagage culturel et linguistique.

Espoir Voyage, un film de Michel K. Zongo au Burkina Faso, l’émigration des jeunes vers la Côte-d’Ivoire est comme un rite, un passage au statut d’adulte. « Mais normalement, la règle est de partir pour revenir. Dans cette aventure, beaucoup sont ceux qui ne reviennent pas. Joanny, mon grand frère, a brusquement quitté la famille un matin de l’année 1978. Après 18 années d’absence, alors que nous étions sans nouvelles de lui, Augustin, un cousin qui revenait de la Côte-d’Ivoire, nous annonça que Joanny était décédé. Pour essayer de comprendre ce qui a poussé mon frère ainé à partir alors qu’il avait à peine 14 ans, je refais ce même voyage depuis Koudougou (Burkina Faso) jusqu’en Côte-d’Ivoire, à la recherche de ses traces et de son histoire. »

Pour visionner cette captation sur la page Facebook du Festival, cliquez sur l’image ci-dessous :

INDEXATION DÉTAILLÉE DE LA VIDÉO

 

Extrait du solo acoustique Déclinaison(s) de Oua-Anou Diarra

En 2018, le Festival Altérités a eu l’immense bonheur de recevoir Oua-Anou Diarra. Musicien né au Burkina Faso, soucieux de transmettre sa musique, Oua-Anou Diarra s’affranchit des frontières musicales et touche un public très large, tout en communiquant avec passion son bagage artistique et linguistique.

Son instrument de prédilection est la flûte peul guinéenne – également appelée flûte mandingue- un instrument qu’il respecte depuis son plus jeune âge. Il voue une admiration sans limites au Tamani – Tambour parlant – qui n’a que peu de secrets pour lui.

Autant à son aise dans la création et l’improvisation que dans l’accompagnement musical, il joue avec l’instant présent et puise son énergie dans la complicité qu’il a avec ses instruments et dans l’univers du moment.

Ecoutez le converser avec ses instruments, laissez vous transporter par leur histoire…

Retrouvez également Oua Anou Diarra lors de son intervention avec Muriel Champy pour évoquer l’émigration des jeunes burkinabés vers la Côte d’Ivoire vécue comme une rite de passage à l’âge adulte.

Pour visionner cette captation sur la page Facebook du Festival, cliquez sur l’image ci-dessous :